Vous avez pris rendez-vous. Vous l’avez peut-être différé plusieurs semaines avant de le faire. Et maintenant, une question revient : qu’est-ce qui va se passer pour lui — ou elle — dans ce bureau ?
Avant tout : c’est une rencontre
La première séance n’a pas vocation à « régler » quoi que ce soit. C’est un temps pour faire connaissance. L’enfant découvre le lieu, la personne, le ton. Le psychologue observe comment il entre dans la pièce, ce qu’il regarde, ce qu’il évite. Vous, parent, expliquez pourquoi vous avez pris ce rendez-vous, depuis quand vous vous posez des questions, comment l’enfant va à la maison, à l’école, avec ses amis.
Rien de plus. Rien de moins.
Qui parle quand ?
Le déroulé varie selon l’âge, mais en général :
- Enfant de moins de 6-7 ans : on commence souvent tous ensemble, puis on propose à l’enfant un moment seul (s’il est à l’aise) avec du matériel — jeux, feutres, figurines. Les parents reviennent en fin de séance pour la synthèse.
- Enfant de 7-11 ans : on peut commencer par les parents un court moment, puis l’enfant seul, puis tout le monde ensemble. Mais l’enfant choisit aussi : il peut demander à parler tout seul d’emblée.
- Adolescent : il a souvent envie d’un espace à lui, dès la première fois. Les parents sont reçus séparément, parfois en début ou fin de séance — si le dialogue est déjà rompu, cet article aide à le rouvrir en amont.
Le jeu, le dessin, ce ne sont pas des occupations
Beaucoup de parents s’étonnent : « il a juste joué pendant 30 minutes, est-ce que c’était utile ? ». La réponse est oui — profondément oui. Pour un enfant, le jeu est le langage. Choisir tel personnage, le faire tomber dix fois, faire gagner toujours le même camp, refuser que la séance finisse : tout cela parle. À nous, ensuite, d’écouter.
Le dessin, de même, n’est pas un test projectif sauvage. C’est un support. On regarde ensemble, on commente, on demande à l’enfant ce qu’il a voulu raconter. Et parfois, on ne demande rien — il suffit que ça soit là.
Le secret professionnel, version enfant
C’est une question qui revient souvent : que va-t-il me raconter sur mon enfant ? Voici comment ça se passe en pratique.
Le secret professionnel s’applique pleinement à l’enfant. Mais il n’est pas absolu : si l’enfant est en danger (idées suicidaires — le 3114 est alors mobilisable 24h/24, maltraitance, mise en danger grave), le psychologue a l’obligation de protéger. Le cadre légal du secret professionnel est précisé par le Code pénal (art. 226-13 et 226-14).
Pour le reste, le principe est simple : on parle à l’enfant de ce qu’on va dire aux parents. Il sait. Il peut négocier. « Tu veux qu’on dise à maman que tu as parlé de ton copain, ou tu préfères que ça reste entre nous ? » Cette mise en transparence apprend à l’enfant que sa parole vaut, qu’elle est respectée, qu’on ne le trahit pas.
Et après la séance ?
Quelques scénarios fréquents :
- l’enfant sort enchanté et demande à revenir → tant mieux
- l’enfant sort sans rien dire, dort comme une masse le soir → c’est très souvent un bon signe, ça a bossé
- l’enfant pleure ou s’énerve dans la voiture → quelque chose a été touché, on en reparle à la séance suivante
- l’enfant dit « je ne veux pas y retourner » → on l’écoute, on ne force pas, on en discute en consultation
Le suivi n’est jamais une obligation. On évalue ensemble, après 3 ou 4 séances, si ça fait sens de continuer, sous quelle forme, à quel rythme.
Ce que vous pouvez faire, vous parent
Trois choses très concrètes :
- N’interrogez pas votre enfant en sortant. Une seule question suffit : « comment tu te sens ? ». Le reste viendra s’il en a envie.
- Ne minimisez pas, ne dramatisez pas. « On y retournera quand tu voudras » est souvent ce qui marche le mieux.
- Ne faites pas de la séance un sujet récurrent. L’enfant doit sentir que ce moment lui appartient.
Pour un premier rendez-vous, le cabinet propose un accompagnement enfant à Saint-Sornin (17600), facilement accessible depuis Marennes, Oléron et Royan. Que ce soit pour une anxiété qui s’installe, une phobie scolaire, ou simplement un point d’étape, le suivi est éligible à Mon Soutien Psy (12 séances par an remboursées via la Sécurité sociale). Vous pouvez appeler le 07 68 78 30 44 ou écrire à [email protected].